Vendredi 6 novembre 2009
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2009
13:00
Peter Trémayne, le suaire de l'archevêque, 1995, 10/18 2004, 345p.
Présentation de
l'éditeur
En mission à Rome pour l'Église d'Irlande, sœur Fidelma arpente la ville en compagnie de son ami, le moine saxon Eadulf, en attendant d'être reçue par le pape Vitalien. Quelques jours après son
arrivée, un meurtre est commis dans le palais du Latran. La
victime n'est autre que le supérieur d'Eadulf, Wighard, archevêque de Cantorbéry. Au VIIe
siècle, le contexte politique est déjà tendu entre les Églises romaine et irlandaise. Soucieux de calmer les esprits, l'évêque romain Gelasius demande à l'intrépide duo d'enquêter sur cette
sombre affaire qui pourrait bien mettre le feu aux poudres...
Voici un deuxième roman policier historique que j'ai lu ces derniers mois.
J'ai abordé les aventures de soeur Fidelma comme une bonne série et je ne suis pas déçue.
Peter Tremayne présente une enquête intéressante, dans les codes du genre, sur fond d'opposition entre l'église de Rome et celle d'Irlande. Il choisit le
VIIème siècle, une époque moins traitée par les romanciers, et sait bien intégrer la spécificité des premiers siècles du christianisme.
J'ai apprécié l'équilibre entre le contexte et l'enquête, qui est suffisamment construite pour retenir l'attention au fil des pages.
Fidelma est un personnage attachant qui conjugue intelligence, sens de la déduction et caractère affirmé. Elle m'a fait penser à Cadfael , bien sûr, et le duo avec Eadulf fonctionne très bien.
Je découvre cette série avec le deuxième tome, sans avoir lu le premier, mais je ne me suis pas sentie gênée dans ma lecture, car Peter Tremayne fait des allusions au passé
des personnages.
Malgré tout, et comme je l'ai également noté pour certains romans de Doherty, le style reste sobre, efficace, mais il manque un peu de fantaisie ; j'aurais parfois aimé
trouver un peu plus de détails sur l'ambiance du Vatican, des petites descriptions brèves pour me plonger davantage dans l'époque. J'aurais également apprécié quelques développements
complémentaires sur la dimension sociale et psychologique ( mais c'est très personnel!)
Je lirai un autre tome pour retrouver Fidelma en Irlande !
Yue et Michel ont apprécié cette série et je vous invite une nouvelle fois à les
lire.
Par Naïk Feillet
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Publié dans : Romans traduits
1
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Vendredi 30 octobre 2009
5
30
10
2009
17:30
Brigitte Aubert, Le miroir des ombres, 10/18, 2008, 376p.
Présentation de
l'éditeur
En 1891, Louis Denfert, jeune et impétueux reporter au Petit Eclaireur, ronge son frein entre
chroniques sportives et articles mineurs lorsqu'il est envoyé en reportage à Dijon sur une affaire au parfum de scandale : une honorable gouvernante anglaise a été retrouvée, dans le train de
nuit Paris-Marseille, sauvagement égorgée et démembrée. Ce meurtre aurait-il un lien avec la disparition, un an auparavant, dans le même train, de Louis Aimé Augustin Leprince, un inventeur
franco-anglais qui venait de mettre au point un appareil de projection d'images révolutionnaire ? Louis était impatient d'en découdre, il va être servi ! Brigitte Aubert plonge au cœur de la
glorieuse épopée des pionniers du cinématographe. Dans les coulisses de la lanterne magique, péripéties, mystères et drames se succèdent à un train d'enfer !
L’intrigue conduit le lecteur en France et à Londres, présentant une galerie de personnages hauts en couleurs. Un jeune reporter, curieux et avide de reconnaissance, et un ancien militaire,
professeur de boxe, forment le duo principal, bientôt rejoint par d’autres apprentis enquêteurs. Brigitte Aubert choisit de s’inspirer de la société mondaine, une élite cultivée; on croise alors
beaucoup de grands noms de la peinture et de la littérature, dont Oscar Wilde, Edgar Degas, Octave Mirbeau ; les références et les clins d’oeil sont nombreux, et l'auteure imagine même une
autopsie pratiquée par Alexandre Lacassagne (ce médecin est un
personnage incontournable pour toutes les personnes qui s'intéressent à l'anthropologie criminelle).
Brigitte Aubert ajoute des précisions techniques sur la naissance du cinéma. On devine que le sujet la passionne, et elle communique son
enthousiasme, dans l’esprit des feuilletonistes, et avec une influence revendiquée des romans de Gaston Leroux. Cependant, la profusion de détails donne parfois une
impression d'anecdote qui surprend un peu.
Louis est représentatif des journalistes de son époque qui suivent les traces des criminels en jouant les
détectives. Les crimes sanglants remplissent alors les colonnes de journaux et passionnent les lecteurs. Le "sensationnel » monopolise l’attention et déforme naturellement l’image de la
violence, comme le souligne déjà Emile Gaboriau une
vingtaine d’années auparavant (ici).
En lisant ce roman, j’ai pensé à une réflexion de Paul Féval dans La fée des grèves :
"Il ne faudrait pas juger une civilisation par quelques excès isolés, par quelques crimes, qui étaient des
crimes alors comme aujourd'hui.
Si l'on jugeait ainsi, notre Gazette des tribunaux nous vouerait tout net à la malédiction et au mépris des siècles futurs. Car les crimes pullulent parmi notre orgueilleuse
lumière, autant et plus que dans les ténèbres antiques."
Il serait réducteur de tenter de comprendre la violence d’une société uniquement en lisant les journaux d’une époque donnée...
car dans cent ans, que penseront des observateurs de la société d’aujourd’hui en consultant nos médias?
Comme j’ai étudié cette période, il est très possible que je sois parfois un peu exigeante, mais j'ai apprécié la présence d’une petite bibliographie. Je me suis laissée emportée par
l’histoire, c'est le plus important, et je lirai les autres tomes.
Les avis de Yue, Michel, et Chimère.
Par Naïk Feillet
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Publié dans : Romans francophones
2
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