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Samedi 19 décembre 2009 6 19 /12 /Déc /2009 10:40

Mary Ann Shaffer Annie Barrows, Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates, Nil, 2009, 390p.

Présentation de l'éditeur
Janvier 1946. Londres se relève douloureusement des drames de la Seconde Guerre mondiale et Juliet, jeune écrivaine anglaise, est à la recherche du sujet de son prochain roman. Comment pourrait-elle imaginer que la lettre d'un inconnu, un natif de l'île de Guernesey, va le lui fournir ? Au fil de ses échanges avec son nouveau correspondant, Juliet pénètre son monde et celui de ses amis - un monde insoupçonné, délicieusement excentrique. Celui d'un club de lecture créé pendant la guerre pour échapper aux foudres d'une patrouille allemande un soir où, bravant le couvre-feu, ses membres venaient de déguster un cochon grillé (et une tourte aux épluchures de patates...) délices bien évidemment strictement prohibés par l'occupant. Jamais à court d'imagination, le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates déborde de charme, de drôlerie, de tendresse, d'humanité Juliet est conquise. Peu à peu, elle élargit sa correspondance avec plusieurs membres du Cercle et même d'autres habitants de Guernesey , découvrant l'histoire de l'île, les goûts (littéraires et autres) de chacun, l'impact de l'Occupation allemande sur leurs vies... Jusqu'au jour où elle comprend qu'elle tient avec le Cercle le sujet de son prochain roman. Alors elle répond à l'invitation chaleureuse de ses nouveaux amis et se rend à Guernesey. Ce qu'elle va trouver là-bas changera sa vie à jamais.


J'ai enfin ouvert ce roman dont j'avais lu de nombreux avis très positifs !

Difficile pour un lecteur de ne pas succomber au charme de ces personnages qui découvrent la littérature ! Ils présentent leurs lectures avec naturel et spontanéité, et leurs lettres sont drôles ou émouvantes, en particulier les passages sur les soeurs Brontë ou sur Jane Austen.
On comprend bien l'intérêt et l'affection de Juliet, autant pour l'île de Guernesey que pour ses habitants, assez pittoresques mais attachants (j'ai beaucoup aimé Isola Pribby!)

Je suis sensible aux narrations épistolaires, et celle-ci est agréable, même si je l'ai trouvée parfois un peu plus artificielle; mais ces petits changements de rythme n'ont pas gêné ma lecture.
En revanche, cette forme induit une succession d'anecdotes. Quand Juliet entreprend d'écrire un roman sur tous ces personnages, son éditeur la met en garde contre ce risque. Elizabeth, l'absente omniprésente dans la mémoire de tous, reste le lien ; au fil des lettres, on reconstitue sa vie, on perçoit sa personnalité, et c'est le plus émouvant. Les descriptions du quotidien sont réalistes, mais une approche plus subtile m'aurait davantage intéressée.

Cette petite réserve technique mise à part, j'ai passé un bon moment de lecture en compagnie de ses insulaires aux personnalités si contrastées, et je comprends l'enthousiasme des lecteurs!

Les avis de Florinette,  IsilStéphieMichel, et d'autres billets sur BoB.

Par Naïk Feillet - Publié dans : Romans traduits
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Samedi 5 décembre 2009 6 05 /12 /Déc /2009 12:50

Jane Austen, Raison et sentiments, 10/18, 382p.


Présentation de l'éditeur
Raison et sentiments sont joués par deux sueurs, Elinor et Marianne Dashwood. Elinor représente la raison, Marianne le sentiment. La raison a raison de l'imprudence du sentiment, que la trahison du beau et lâche Willoughby, dernier séducteur du XVIIIè siècle, rendra raisonnable à la fin. Mais que Marianne est belle quand elle tombe dans les collines, un jour de pluie et de vent.

J'étais contente de retrouver l'univers de Jane Austen, même si je connaissais déjà l'histoire de ce roman.
J'avais aimé l'adaptation d'Ang Lee et les très belles interprétations d'Emma Thompson, dans le rôle d'Elinor, et de Kate Winslet, dans celui de Marianne.

J'ai apprécié à nouveau le talent de Jane Austen pour restituer les ambiances de la sphère féminine, les sous-entendus, les regards, les attitudes, tous ces petits détails qui forgent les amitiés et les inimitiés sous le vernis de la bienséance. Jane Austen sait décrire les rêves et les aspirations confrontés aux contraintes sociales, en particulier au mariage, si déterminant dans le destin des femmes de cette époque et de ce milieu. En donnant quelques traits caractéristiques, elle nous permet de comprendre facilement ses personnages. Cet aspect m'a beaucoup plus intéressée que le côté sentimental, très développé et bien traité dans ce roman, mais qui me touche moins.

L'opposition entre Marianne et Elinor tient toute l'intrigue, sur la dualité profonde  entre la raison et les sentiments, bien sûr. Passionnée, rêvant d'amour idéal, Marianne refuse de céder aux convenances, tandis qu'Elinor, réservé, dévouée, en reste prisonnière. Les deux sont attachantes, même si je suis plus sensible au personnage d'Elinor, plus nuancé et subtil.
Marianne "Il lui était impossible de dire le contraire de ce qu'elle pensait, même dans les occasions les plus banales; et c'est en conséquence, sur Elinor que retombait la tâche de mentir lorsque la politesse l'exigeait".

Les personnages secondaires sont tout aussi intéressants, en particulier Fanny, calculatrice et sournoise, et Lucy, qui apparaît assez naïve au début du roman pour se révéler ensuite beaucoup moins lisse. La description des réactions d'Elinor, lorsque Lucy lui annonce ses fiançailles avec Edward, est réellement émouvante. Ce passage reste l'un de mes préférés du roman.
Elinor "était plus forte seule, et son bon sens la soutenait si bien que sa maîtrise d'elle-même était sûre, son apparence de gaité aussi invariable qu'il était possible de l'imaginer sous l'empire de regrets  aussi poignants et aussi récents".

Je connais encore trop peu l'oeuvre de Jane Austen et l'histoire de la société anglaise du début du XIXe siècle pour apprécier toute la richesse et la subtilité du roman.

En revanche, en lisant le livre après avoir vu le film, j'avais en tête les décors et le jeu des acteurs. Je peux maintenant confirmer ce que je supposais : l'adaptation d'Ang Lee, fidèle au texte et à l'esprit du roman est vraiment très réussie !

L'avis de Yue, celui d'Isil, et vous en trouverez d'autres sur  BoB.

Sur ce blog
Northanger Abbey
Lady Susan

Par Naïk Feillet - Publié dans : Romans traduits
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