Auteur de romans jeunesse, j'ai ouvert ce blog pour évoquer
l'écriture et mes lectures.
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Index des
lectures
Brigitte Aubert, Le miroir des ombres, 10/18, 2008, 376p.
Présentation de
l'éditeur
En 1891, Louis Denfert, jeune et impétueux reporter au Petit Eclaireur, ronge son frein entre
chroniques sportives et articles mineurs lorsqu'il est envoyé en reportage à Dijon sur une affaire au parfum de scandale : une honorable gouvernante anglaise a été retrouvée, dans le train de
nuit Paris-Marseille, sauvagement égorgée et démembrée. Ce meurtre aurait-il un lien avec la disparition, un an auparavant, dans le même train, de Louis Aimé Augustin Leprince, un inventeur
franco-anglais qui venait de mettre au point un appareil de projection d'images révolutionnaire ? Louis était impatient d'en découdre, il va être servi ! Brigitte Aubert plonge au cœur de la
glorieuse épopée des pionniers du cinématographe. Dans les coulisses de la lanterne magique, péripéties, mystères et drames se succèdent à un train d'enfer !
L’intrigue conduit le lecteur en France et à Londres, présentant une galerie de personnages hauts en couleurs. Un jeune reporter, curieux et avide de reconnaissance, et un ancien militaire,
professeur de boxe, forment le duo principal, bientôt rejoint par d’autres apprentis enquêteurs. Brigitte Aubert choisit de s’inspirer de la société mondaine, une élite cultivée; on croise alors
beaucoup de grands noms de la peinture et de la littérature, dont Oscar Wilde, Edgar Degas, Octave Mirbeau ; les références et les clins d’oeil sont nombreux, et l'auteure imagine même une
autopsie pratiquée par Alexandre Lacassagne (ce médecin est un
personnage incontournable pour toutes les personnes qui s'intéressent à l'anthropologie criminelle).
Brigitte Aubert ajoute des précisions techniques sur la naissance du cinéma. On devine que le sujet la passionne, et elle communique son
enthousiasme, dans l’esprit des feuilletonistes, et avec une influence revendiquée des romans de Gaston Leroux. Cependant, la profusion de détails donne parfois une
impression d'anecdote qui surprend un peu.
Louis est représentatif des journalistes de son époque qui suivent les traces des criminels en jouant les
détectives. Les crimes sanglants remplissent alors les colonnes de journaux et passionnent les lecteurs. Le "sensationnel » monopolise l’attention et déforme naturellement l’image de la
violence, comme le souligne déjà Emile Gaboriau une
vingtaine d’années auparavant (ici).
En lisant ce roman, j’ai pensé à une réflexion de Paul Féval dans La fée des grèves :
"Il ne faudrait pas juger une civilisation par quelques excès isolés, par quelques crimes, qui étaient des
crimes alors comme aujourd'hui.
Si l'on jugeait ainsi, notre Gazette des tribunaux nous vouerait tout net à la malédiction et au mépris des siècles futurs. Car les crimes pullulent parmi notre orgueilleuse
lumière, autant et plus que dans les ténèbres antiques."
Il serait réducteur de tenter de comprendre la violence d’une société uniquement en lisant les journaux d’une époque donnée...
car dans cent ans, que penseront des observateurs de la société d’aujourd’hui en consultant nos médias?
Comme j’ai étudié cette période, il est très possible que je sois parfois un peu exigeante, mais j'ai apprécié la présence d’une petite bibliographie. Je me suis laissée emportée par
l’histoire, c'est le plus important, et je lirai les autres tomes.
Les avis de Yue, Michel, et Chimère.
j'atendrai ton commentaire pour le second, car j'ai laissé tomber cette série. à tort ?
La suite est dans ma PAL...
Merci Florinette et très bonne semaine à toi aussi :-)