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Films

Mardi 26 mai 2009

Los abrazos rotos, Pedro Almodóvar, avec Penélope Cruz, LLuis Homar, Blanca Portillo (sortie le 20 mai 2009).

Synopsis
Dans l'obscurité, un homme écrit, vit, aime. Quatorze ans auparavant, il a eu un violent accident de voiture, dans lequel il n'a pas seulement perdu la vue mais où est morte Lena, la femme de sa vie.
Cet homme a deux noms : Harry Caine, pseudonyme ludique sous lequel il signe ses travaux littéraires, ses récits et ses scénarios ; et Mateo Blanco, qui est son nom de baptême, sous lequel il vit et signe les films qu'il dirige. Après l'accident, Mateo Blanco devient son pseudonyme, Harry Caine. Dans la mesure où il ne peut plus diriger ses films, il préfère survivre avec l'idée que Mateo Blanco est mort avec Lena...

Je n'aime pas particulièrement les "mélos", sauf quand ils sont mis en scène par certains réalisateurs... dont Pedro Almodóvar !
La définition de l'identité,  le rapport aux parents, le poids des secrets, le désir, l'amour et la mort restent des thèmes de prédilection d'Almodóvar.  
Avec ce film riche, il nous offre à nouveau une histoire belle et émouvante. Et ce n'est pas une seule histoire mais plusieurs qu'il raconte avec des personnages complexes aux visages multiples ; chacun porte une part de mystère, révélée tout au long du film, à l'image du puzzle de photos déchirées que Diego, le fils de l'agent de Mateo/Harry essaie de reconstituer. Mais Almodóvar nous prépare aux divers dénouements dans une tonalité dramatique ; le suspens n'est pas l'effet recherché. Il veut nous présenter ses personnages, leurs destins croisés, une façon de surmonter le deuil et la culpabilité pour continuer à vivre.

Les effets miroirs, les jeux de regards et de caméra se succèdent dans des scènes à l'esthétique travaillée. Comme à son habitude, Pedro Almodóvar soigne les lumières et les décors avec, pour une partie du film, le cadre à la fois beau et étrange de Lanzarote, une île des Canaries.

Beaucoup de détails rappellent l'ambiance des années cinquante et celle des films noirs, mais au final, on garde une impression d'intemporalité, où le cinéma et la réalité sont imbriqués. 
D'ailleurs les références au cinéma sont nombreuses.  Chicas y maletas, le film de Mateo rappelle Femmes au bord de la crise de nerf (Rossy de Palma joue une courte scène). Mateo demande à Diego de passer Ascenseur pour l'échafaud pour entendre la voix de Jeanne Moreau, tandis que dans un autre plan, on voit une photo de Romy Schneider au-dessus du miroir de Lena.
Penélope Cruz est magnifique. Almodóvar sait la mettre en valeur, mais une petite scène devant un miroir, "au réveil", insiste encore sur le jeu de l'image et de l'illusion.  

Bien sûr ce film n'est pas aussi bouleversant que Parle avec elle ou Tout sur ma mère.  On retrouve l'humour qu'Almodóvar sait mettre dans ses dialogues mais il est moins présent que dans ses autres films (le scénario de film de vampires inventé par Diego est toutefois très drôle !) Mais j'ai beaucoup aimé retrouver l'univers d'Almodóvar, et comme à chaque fois, je me suis laissée emporter par l'histoire.

Le site du film où je vous conseille d'aller écouter quelques musiques, dont "Final y A ciegas" que j'écoute en rédigeant ce billet pour rester dans l'ambiance...

 

Par Naïk Feillet
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Jeudi 26 février 2009
Man on wire  - Le funambule, film de James Marsh, sortie DVD décembre 2008.


Synopsis

L'histoire du "crime artistique du siècle" : en 1974, Philippe Petit tend un câble entre les tours du World Trade Center, à New York, alors les immeubles les plus hauts du monde, et passe presque une heure à danser en l'air avant de se faire arrêter par la police.



J'ai eu l'occasion de voir ce documentaire en décembre dernier, lors d'une diffusion à la télévision. Je n'avais jamais entendu cette histoire et j'ai été captivée par ce film.
Comme il a obtenu l'Oscar du meilleur documentaire et qu'il est récemment sorti en DVD, c'est l'occasion d'en parler ici.
Je n'ai pas vu les autres documentaires nommés, mais outre la qualité du film, le décor (New York) n'est peut-être pas innocent dans l'attribution du prix.

L'exploit réalisé par Philippe Petit est à peine croyable, réellement très impressionnant !
Le film alterne photos, films de l'époque, reconstitutions et témoignages sur le défi dans cette ambiance très particulière des années 70.
Les images du funambule sont époustouflantes et on découvre de très belles prises de vue sur la ville de New York. Sans connaître l'histoire, on pourrait aisément penser que certaines photos sont le résultat d'un montage.
La réalisation, habilement construite, nous amène à trembler pour Philippe Petit, même si on sait qu'il a réussi. Cet homme est un "fou"... mais un fou dans le sens littéraire et poétique du terme.
Même le policier qui attend Petit pour l'arrêter à la fin de son spectacle, paraît stupéfait et réellement très ennuyé.
Quand un journaliste demande au funambule pourquoi il s'est lancé un tel défi, il répond : "Where is no Why".

Si vous n'êtes pas amateurs de documentaires, de la rêverie si particulière de l'univers des funambules ou d'exploits qui ne servent à rien, je vous conseille, malgré tout, ce film insolite où le sepctateur se laisse emporter par l'émotion et le suspens...

Le site du film où  vous pourrez regarder la bande annonce pour vous faire une petite idée.

Par Naïk Feillet
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