La petite Fadette, 1849
Sylvinet et Landry sont jumeaux, et liés par un très grand amour fraternel ; mais à 14 ans, si Landry est fort et raisonné, Sylvinet reste sensible et
fragile. Lorsque Landry est engagé dans une ferme voisine, son frère souffre de leur séparation. Un jour, il se sauve pour cacher son chagrin, et Landry le retrouve grâce Fanchon, la
petite Fadette ; la jeune fille vit avec sa grand-mère qui a la réputation d'être un peu sorcière. D'abord méfiant et distant, Landry apprend à aimer Fanchon, sous le regard jaloux de
Sylvinet.
De mes lectures de George Sand vers l'âge 11-12 ans, La petite Fadette fut ma préférée, car George Sand décrit des personnages dans cette période délicate de la vie :
la fin de l'enfance.
J'en fais un article distinct pour citer la notice de La petite Fadette. George Sand l'écrit le 21 décembre
1851, après la révolution de 1848 et le coup d'Etat du 2 décembre 1851 (époque à laquelle George Sand retourne à Nohant et se détache de la vie politique) :
"Dans les temps où le mal vient de ce que les hommes se méconnaissent et
se détestent, la mission de l'artiste est de célébrer la douceur, la confiance, l'amitié, et de rappeler ainsi aux hommes endurcis ou découragés, que les moeurs pures, les sentiments tendres et
l'équité primitives, sont ou peuvent être encore de ce monde"
Elle ajoute
:
"mieux vaut (...) un conte pour endormir les petits enfants sans frayeur et sans souffrance, que le spectacle des maux réels renforcés et rembrunis encore
par les couleurs de la fiction".
J'aime beaucoup ce regard humaniste, le choix de faire
évoluer ces personnages vers un dénouement qui ne cède pas une à la fatalité.
Cette vision n'est pas naïve pour autant ; elle n'exclut
absolument pas d'aborder des thèmes difficiles, des problèmes bien réels : dans La petite Fadette, George Sand montre des personnage complexes, soumis à leurs passions et aux
contraintes familiales et sociales. Leurs réactions sont fidèles à une représentation des campagnes du Berry
(l'image de la famille, l'importance de la réputation, des alliances...)
La littérature est le reflet
de la réalité... mais je comprends ce souhait de George Sand. Si je peux écrire pour les adultes des
textes plus sombres, teintés de cynisme ou de désenchantement, je n'aime pas être pessimiste avec les enfants. Le pessimisme nuit au rêve ; or, le rêve n'empêche pas
les enfants de porter progressivement un regard lucide sur le monde qui les entoure, de comprendre que si "tout ne finit pas bien" naturellement, "tout ne finit pas toujours
mal".

La mare au diable, 1846




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