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Souvenirs de lectures

Mardi 24 avril 2007

La petite Fadette, 1849
Sylvinet et Landry sont jumeaux, et liés par un très grand amour fraternel ; mais à 14 ans, si Landry est fort et raisonné, Sylvinet reste sensible et fragile. Lorsque Landry est engagé dans une ferme voisine, son frère souffre de leur séparation.  Un jour, il se sauve pour cacher son chagrin, et Landry le retrouve grâce Fanchon, la petite Fadette ; la jeune fille vit avec sa grand-mère qui a la réputation d'être un peu sorcière. D'abord méfiant et distant, Landry apprend à aimer Fanchon, sous le regard jaloux de Sylvinet.

De mes lectures de George Sand vers l'âge 11-12 ans, La petite Fadette fut ma préférée, car George Sand décrit des personnages dans cette période délicate de la vie : la fin de l'enfance.

J'en fais un article distinct pour citer la notice de La petite Fadette. George Sand l'écrit le 21 décembre 1851, après la révolution de 1848 et le coup d'Etat du 2 décembre 1851 (époque à laquelle George Sand retourne à Nohant et se détache de la vie politique) :
"Dans les temps où le mal vient de ce que les hommes se méconnaissent et se détestent, la mission de l'artiste est de célébrer la douceur, la confiance, l'amitié, et de rappeler ainsi aux hommes endurcis ou découragés, que les moeurs pures, les sentiments tendres et l'équité primitives, sont ou peuvent être encore de ce monde"
Elle ajoute : 
"mieux vaut (...) un conte pour endormir les petits enfants sans frayeur et sans souffrance, que le spectacle des maux réels renforcés et rembrunis encore par les couleurs de la fiction".
J'aime beaucoup ce regard humaniste, le choix de faire évoluer ces personnages vers un dénouement qui ne cède pas une à la fatalité.
Cette vision n'est pas naïve pour autant ; elle n'exclut absolument pas d'aborder des thèmes difficiles, des problèmes bien réels : dans La petite Fadette, George Sand montre des personnage complexes, soumis à leurs passions et aux contraintes familiales et sociales. Leurs réactions sont fidèles à une représentation des campagnes du Berry (l'image de la famille, l'importance de la réputation, des alliances...)
La littérature est le reflet de la réalité... mais je comprends ce souhait de George Sand. Si je peux écrire pour les adultes des textes plus sombres, teintés de cynisme ou de désenchantement,  je n'aime pas être pessimiste avec les enfants. Le pessimisme nuit au rêve ; or,  le rêve n'empêche pas les enfants de porter progressivement un regard lucide sur le monde qui les entoure, de comprendre que si "tout ne finit pas bien" naturellement, "tout ne finit pas toujours mal".

Par Naïk Feillet
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Mardi 24 avril 2007

La mare au diable, 1846
Germain, le laboureur, est veuf, et dans l'intérêt de ses trois jeunes enfants, son beau-père l'incite à se remarier. Germain approuve et se rend dans un village voisin pour rencontrer une veuve . Il part en compagnie de son fils, Petit Pierre, et de Marie, la fille d'une voisine qui doit prendre une place de bergère. Quand le soir arrive et que le brouillard tombe, Germain, Marie et le Petit Pierre, doivent s'arrêter et passer la nuit dans le bois de la Mare au diable. Le laboureur est ému par la jeune fille, mais elle n'a que 16 ans.

François le Champi
,  1850

François est un enfant trouvé, receuilli par sa nourrice Zabelle, une femme pauvre,  locataire du meunier Blanchet. Madeleine, la femme du meunier, se prend d'affection pour François, et malgré la méfiance de la mère de Blanchet à l'égard des orphelins qui ont la réputation de voleurs, Zabelle et Madeleine parviennent à garder l'enfant auprès d'elles. François reste chez Blanchet comme valet, après la mort de Zabelle. Jeune homme encore naïf à 17 ans, François s'attire la jalousie de Blanchet. 

J'ai lu ces romans à l'âge de 11- 12 ans (je fais un article distinct pour La petite Fadette), et j'ai étudié La mare au diable en classe.
J'avais beaucoup aimé ces "romans champêtres" de George Sand : le rythme, la narration proche de celle du conte, la description de la campagne du Berry, et les portraits sensibles et poétiques que dressent George Sand.
Naturellement, je ne m'intéressais pas encore à l'aspect historique et anthropologique de ces romans, mais je trouvais déja la vie de George Sand passionnante: journaliste et écrivain, elle sortait de la sphère privée où étaient maintenues les femmes pour s'intéresser à la politique et entrer dans un monde artistique masculin.
L'étude de La mare au diable en classe fut suivie d'une visite du chateau de Nohant... (très bonne idée de mes professeurs !) Se retrouver sur les lieux que George Sand avait décrits était très impressionnant.
Deux moments m'ont particulièrement émue : d'abord, lorsque je me suis arrêtée devant la tombe de George Sand, dans le parc de Nohant ; puis quand j'ai vu un moulage de la main de Frédéric Chopin dans un petit musée proche de Nohant. Il était alors d'usage de dessiner les défunts sur leur lit de mort ou encore, de prendre un moulage du visage ou de la main. J'aimais beaucoup la musique de Chopin (j'aime toujours!) et j'étais très surprise de découvrir une main si fine et délicate...

Un site avec une visite virtuelle du Château de Nohant (qui ne remplace pas, bien sûr, une visite sur les lieux...)

Par Naïk Feillet
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